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L'exécutif au chevet de l'équipementier Saira Seats

L'exécutif au chevet de l'équipementier Saira Seats

img4 "Une première moitié de cette somme sera versée dès mardi, suivie quelques jours plus tard du second versement, pour un montant total de 1,6 million d'euros", a précisé le cabinet du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Cette somme correspond aux crédits d'impôt recherche (CIR) et au Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) acquis par Saira Seats sur les années 2014 à 2016.

Ces derniers avaient été bloqués par la direction générale des finances publiques depuis le placement en mai 2016 de l'entreprise française en situation d'insolvabilité par un tribunal italien, alors "qu'elle ne l'était pas", selon sa direction, qui estime avoir été victime d'une "fraude au jugement".

"C'est une excellente nouvelle et cette décision, aujourd'hui, du ministre de l'Economie va permettre d'envisager pour les prochains mois l'avenir de Saira Seats de ses 180 employés beaucoup plus sereinement", a souligné le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau (LR), dans un communiqué.

"On reprend confiance dans les élus et on espère que les commissaires extraordinaires nommés par la justice italienne vont arrêter de jouer avec nous comme ils le font depuis plus d'un an", a réagi pour sa part Hervé Michalon, secrétaire du comité d'entreprise de Saira Seats.

Une reprise du travail

Des lignes d'habillage de trains du site d'Alstom Reichshoffen, en Alsace, avaient subi le 30 mai 2017 un ralentissement à la suite du gel des expéditions des sièges fabriqués par Saira Seats, note un représentant de l'entreprise basée à Andrézieux-Bouthéon (Loire).

"On a fait le choix d'une reprise du travail demain (mercredi) matin pour ne pas pénaliser nos clients et ne pas augmenter les difficultés provoquées par la faillite de Tosoni, notre actionnaire", a déclaré à l'AFP Hervé Michalon, secrétaire du comité d'entreprise.

"La reprise du travail, c'est aussi une façon de montrer notre confiance aux élus qui ont annoncé qu'ils prenaient en main notre dossier, face aux lenteurs et aux dysfonctionnements de la justice commerciale italienne", a ajouté le secrétaire du comité d'entreprise.
 
Un entretien sur la situation ubuesque de cette entreprise s'est déroulé, le 30 mai 2017, par téléphone entre le ministre francais de l'Economie Bruno Le Maire et son homologue italien Carlo Calenda.

Le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau (LR), avait interpellé le ministre de l'Economie sur la "nécessité d'une cession rapide" de ce fabricant prospère de sellerie pour le ferroviaire (train, tramway, métro), qui n'a plus de nouveaux marchés depuis plus d'un an "à cause de la faillite de son actionnaire".

L'échange entre Bruno Le Maire et son homologue italien, "qui s'est bien passé, a permis d'avancer sur ce sujet sur lequel les ministres sont assez d'accord. Des décisions ont été prises pour aller dans la bonne voie et parvenir à une issue positive pour l'entreprise", a indiqué à l'AFP le cabinet du ministre, sans plus de détails.

Saira Seats, l'un des deux fabricants français de sièges pour le ferroviaire, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 32 millions d'euros, principalement avec Alstom, Bombardier et la SNCF et compte 180 employés (dont 50 intérimaires).

AFP